Comment accompagner un enfant confronté à la maladie grave ou au décès d'un proche? Trois pistes pour ouvrir le dialogue, respecter ses besoins et lui offrir du soutien.
Les maladresses d’amour sont fréquentes lorsqu’un enfant est touché de près ou de loin par la maladie ou la mort d’un proche. Par peur de mal faire, de ne pas avoir les mots ou de susciter des émotions difficiles, les adultes ont souvent le réflexe d’éviter des sujets qui leur semblent trop sensibles pour être adressés aux plus jeunes. Ces maladresses sont guidées par l’amour et la bienveillance, mais elles peuvent nuire au vécu des jeunes et les empêcher d’obtenir le soutien dont ils ont besoin. Au contraire, ouvrir le dialogue favorise une meilleure adaptation chez les enfants qui sont confrontés à ces épreuves de vie.
Mais comment faire et, surtout, ne pas nuire?
Quoi dire ou ne pas dire?
Voici quelques pistes pour vous guider!
1- Ne pas faire comme si rien n’était arrivé!
Par désir de protéger, plusieurs adultes évitent de parler de la maladie ou de la mort. Ils préfèrent attendre que l’enfant vienne leur parler pour amorcer une discussion. Or, les enfants observent les adultes et c’est souvent en les voyant agir qu’ils se donnent la permission d’en parler ou pas.
De simples phrases peuvent faire toute la différence :
« J’ai appris que ton grand-papa était mort pendant la fin de semaine. Si tu veux m’en parler, je suis là. »
« J’ai su que ta maman avait un cancer et qu’elle doit souvent se rendre à l’hôpital. N’hésite pas à me dire si je peux faire quoi que ce soit. »
Il n’est pas nécessaire d’avoir une longue discussion en profondeur pour que cela porte fruit. Pour l’enfant, le simple fait de savoir qu’un adulte de confiance est au courant et disponible pour lui peut faire toute la différence.
2- Laisser l’enfant nous guider…
L’enfant est le meilleur pour déterminer ce dont il a besoin.
Pour l’un, ce sera de poursuivre ses activités habituelles (jouer, suivre sa routine, etc.) afin de ne pas trop penser à ce qui se passe ou même d’avoir un répit face aux éléments peut-être plus difficiles à la maison. Pour l’autre, ce sera d’avoir une plus grande attention, du réconfort ou des petites marques d’affection. Un autre enfant pourrait également vouloir en parler avec un adulte ou avec ses amis.
On ne peut pas prédire quel besoin surgira à quel moment et ce n’est pas à l’adulte de déterminer ce qui est le mieux pour l’enfant.
Une posture d’accueil peut vous aider à clarifier le tout :
« As-tu besoin de quelque chose aujourd’hui? »
« Comment puis-je t’aider? »
« N’hésite pas à venir me voir si je peux faire quelque chose pour toi. »
3- Ouvrir grand les yeux!
Aider l’enfant qui vit la maladie grave ou la mort d’un proche peut aussi se faire simplement en l’observant.
A-t-il changé ses comportements?
Son sommeil s’est-il modifié?
Y a-t-il des défis au plan de l’alimentation?
Se met-il en retrait des autres alors qu’il est d’un naturel sociable?
Bien qu’il soit normal d’observer des changements lors de grands bouleversements familiaux, ceux-ci peuvent être des indicateurs qu’un besoin de soutien spécifique est nécessaire. En parler avec le parent et, au besoin, référer à une ressource spécialisée permet de mieux s’ajuster aux impacts de la réalité vécue.
