est-il assez bien pour vivre une journée normale en service de garde?
Lorsqu’on se demande si un enfant malade peut fréquenter son service de garde, CPE ou milieu familial, on pense souvent d’abord à la fièvre ou au risque de contagion. Pourtant, un autre élément est essentiel : son état général.
La bonne question n’est donc pas uniquement : « Est-il contagieux? »
C’est aussi : « Est-il suffisamment bien pour vivre une journée normale en service de garde? »
Un enfant malade n’a pas automatiquement besoin d’être exclu
Les jeunes enfants attrapent fréquemment des infections, particulièrement des infections respiratoires. Si chaque nez qui coule signifiait une exclusion, les enfants passeraient beaucoup de temps à la maison!
D’ailleurs, l’affiche officielle Les infections en milieu de garde du ministère de la Famille indique, pour plusieurs infections, qu’il n’est pas nécessaire d’exclure l’enfant lorsque son état de santé lui permet de participer aux activités du groupe.
C’est une nuance importante.
Présenter un symptôme ne signifie donc pas automatiquement être trop malade pour fréquenter le service de garde.
Mais l’inverse est également vrai
Un enfant n’a pas besoin d’avoir 39 °C de fièvre ou un diagnostic précis pour avoir besoin de rester à la maison.
Regardons plutôt l’enfant dans son ensemble.
Est-il amorphe? Dort-il à des moments inhabituels? Est-il incapable de suivre les activités? Pleure-t-il constamment? A-t-il des douleurs importantes? Mange-t-il très peu? A-t-il vomi durant la nuit? Présente-t-il des diarrhées importantes?
Bref : est-ce vraiment une journée de service de garde dont cet enfant a besoin aujourd’hui… ou d’une journée de repos?
Cette approche rejoint les outils québécois de prévention des infections : les critères d’exclusion ne reposent pas uniquement sur le nom d'une maladie, mais tiennent également compte de l’état de l’enfant. Le gouvernement du Québec précise d’ailleurs que son feuillet sur les critères d’exclusion peut aussi être utilisé par les parents.
peut-il suivre le rythme du groupe toute la journée?
À la maison, il peut jouer quelques minutes, puis se coucher sur le divan. Il peut demander les bras, dormir davantage ou passer une journée beaucoup plus tranquille.
Une journée en service de garde est différente.
Il y a les repas, les transitions, les jeux, les sorties extérieures, les routines, les autres enfants et tout simplement le rythme normal d'un groupe.
La question devient alors :
Mon enfant est-il capable de suivre cette journée sans nécessiter des soins et une attention nettement supérieurs à l’habitude?
Un enfant très malade peut aussi modifier la journée de tout le groupe
La vraie question demeure : son état lui permet-il de suivre le rythme du groupe?
C’est un aspect dont on parle moins souvent aux parents.
Une éducatrice ne prend pas soin d’un seul enfant. Elle doit simultanément assurer la sécurité, le bien-être et l’accompagnement éducatif de plusieurs enfants.
Lorsqu’un enfant a constamment besoin d’être porté, consolé, couché, changé ou surveillé parce que son état est inhabituel, l’organisation de toute la journée peut être affectée.
Une activité peut devoir être modifiée. Une sortie peut devenir plus difficile. L’éducatrice peut avoir moins de disponibilité pour accompagner les autres enfants.
Il ne s’agit pas de dire qu’un enfant malade « dérange ».
Il s’agit plutôt de reconnaître que ses besoins sont temporairement différents de ceux auxquels un milieu de garde peut normalement répondre.
Et parfois, la meilleure réponse à ces besoins est tout simplement une journée à la maison.
Prévoir un plan de garde alternatif avant d’en avoir besoin
Personne ne choisit le mardi matin où son enfant se réveille malade.
Pour les parents, l’exclusion d’un enfant peut représenter un véritable casse-tête : travail, rendez-vous, réunions, manque de congés, absence de grands-parents disponibles…
C’est précisément pourquoi il est utile d'y réfléchir avant que la situation survienne.
Qui pourrait prendre le relais? Les deux parents peuvent-ils alterner? Un proche pourrait-il exceptionnellement aider? Certaines journées peuvent-elles être faites en télétravail?
Un plan B ne règlera pas toutes les situations, mais il peut considérablement diminuer le stress lorsque la gastro décide de s’inviter à 2 h du matin! Oui chers parents, je sais c'est difficile...mais il finira par grandir et faire son système immunitaire...
Alors, quand garder son enfant à la maison?
Il n’existe pas une règle unique applicable à tous les symptômes et à toutes les infections.
Mais avant de partir pour le service de garde, posez-vous deux questions :
Les recommandations officielles indiquent-elles que mon enfant devrait être exclu?
2. Son état général lui permet-il réellement de participer normalement à la journée et aux activités de son groupe?
La deuxième question est parfois celle que l’on oublie.
Et pourtant, elle peut être la plus révélatrice.
Un outil à conserver
Notre aide-mémoire Germaction ci-dessus résume plusieurs signes qui devraient inciter les parents à envisager de garder leur enfant à la maison.

Télécharger l’aide-mémoire à imprimer
Pour connaître les recommandations d’exclusion associées aux principales infections, consultez également l’outil officiel du ministère de la Famille :
Consulter l’affiche officielle « Les infections en milieu de garde » – Gouvernement du Québec
Le Gouvernement du Québec regroupe également ses outils destinés aux services de garde et aux parents sur sa page consacrée à la prévention des infections.
💙 Pour aller plus loin : maîtriser les critères d’exclusion
Quand faut-il réellement exclure un enfant du service de garde? Fièvre, vomissements, diarrhée, état général, infections contagieuses… Les décisions ne sont pas toujours simples.
Nathalie Thibault, microbiologiste agréée et formatrice agréée a développer une expertise pointue sur le sujet et offre 3 formations sur l'exclusion permettent de mieux comprendre les critères d’exclusion, de prendre des décisions plus cohérentes et de mieux les expliquer aux parents.
Voir les formations sur l’exclusionFormation destinée au personnel éducateur, aux RSGE et aux gestionnaires en petite enfance. Des consultations sont également disponibles pour les gestionnaires et les conseils d'administration.